Digitalisation, piratage, cloud et Panama Papers: cloud

Quel est le point commun entre Mossack Fonseca, Sony, Apple, Kirsten Dunn, la diplomatie américaine, les petites actrices de films porno, votre voisin dont on a volé l'identité, le petit formateur en marketing digital que je suis ? Nous avons tous été victimes de piratage de documents numériques nous concernant et en avons subi des préjudices.
- l'intégralité des agissements et malversations couvertes par Mossack Fonseca a été revélé au monde entier parce qu'il a été possible à une seule personne de mettre la main sur 11 millions de documents. Au XXieme siècle, un collaborateur aurait pu tout au plus mettre la main sur quelques centaines documents, s'il été parvenu à dérober la clé du coffre.
- Des centaines de milliers d'informations confidentielles appartenant à Sony Pictures Entertainment se sont répandus comme une trainée de poudre (l'intégralité de son catalogue de films, scénario du prochaine James Bond, les dossiers médicaux et les mots de passe de tous les salariés, les salaires des 17 dirigeants les mieux payés)
- Kirsten Dunn a vu, tout comme des dizaines de célébrités, diffusées sur internet ses photos intimes diffusées qu'elle avait eu l'imprudence de sauvegarder sur l'icloud d'Apple,
- La diplomatie a vu revélé sur internet les détails de son gigantesque système d'espionnage numérique, tout comme le nom de centaines d'agents secrets répartis partout dans le monde,
- Les petites actrices de films porno qui voient ressurgir des vidéos d'elle nues 40 ans plus tard parce que des "passionnés" ont numérisé les films porno des années 70, pour alimenter des centaines de sites porno qui diffusent en accès libre pour tous les internautes ces films,
- Des milliers de personnes voient leur vie brisée parce qu'elles ont commis l'erreur de numériser leur carte d'identité, se sont fait subtiliser ces copies que les pirates ont utilisé pour ouvrir des comptes bancaires, contracter des crédits.. Des dizaines de personnes se suicident chaque année en France car leur vie est devenue un enfer à cause de ces fantômes qui les endettent toujours plus chaque jour,
- L'auteur de cet article dont on a encore reproduit sans autorisation il y a quelque sjours sur internet encore maintenant les ebooks qu'il a écrit en ... 1999 !
 
La digiitalisation n'a débuté qu'il y a 15 ans et nous en sommes déjà là. Même moi qui ai été l'un des évangélisateurs d'internet dès 1996, je suis effrayé.
 
Des années, durant, je me suis battu pour indiguer la reproduction illégale des mes écrits, mais maintenant, je n'ose même plus faire de veille sur le sujet, parce que la bataille est perdu d'avance: j'ai pris un pari il y a 15 ans, en diffusant un PDF non protégé. Cela a dopé les ventes en ligne de mon ebook au point qu'il a fait partie des 10 ebooks les plus vendus en 1999. Donc, aucun regret, parce que si j'avais intégré un système de protection de type DRM, il se serait vendu 10 à 20 fois moins.
 
J'ai été une victime de la numérisation d'une autre façon: je décode régulièrement des arnaques digitales (phishing.fr, cybersquatting.fr...) mais j'ai découvert que si je dénonçais les agissements d'un arnaqueur en particulier et que mon article remonte sur la première page de Google, cela pouvait provoquer la colère de l'arnaqueur, qui n'a pas hésité pas à voler les portraits que j'ai diffusé sur mes sites pour créer un blog en mon nom où je me suicidais professionnellement. Si je n'avais pas publié de portraits de ma personne sur internet, ce ne serait probablement pas arrivé.
 
On découvre ainsi l'un des prix de la numérisation: toutes les informations peuvent désormais être volées, reproduites, modifiées à moindre coût et surtout diffusées à très grande échelle.
 
L'analyse de l'ensemble de ces faits m'amène à trois conclusions:
1. Une information numérisée est, par essence, piratable à très grande échelle et avec peu d'efforts. Ce n'est pas le cas d'une information papier, qui reste piratable, même si elle est enfermée dans un coffre-fort comme dans les années 60, mais il faut déployer beaucoup plus d'effort pour en apprendre l'existence et encore plus pour en obtenir une copie.
2. Toute information numérisée doit être soigneusement protégée, ce qui passe notamment par une diffusion réduite au minimum de destinataires.
3. Certaines informations ne doivent en aucun cas être numérisées, afin d'avoir la garantie absolue qu'elles ne puissent être piratées.
 
Pourquoi me décide-je à aborder ce sujet aujourd'hui ?
Parce que je reste pantois depuis deux ou trois ans, devant l'engouement aveugle pour le cloud. Le cloud, par essence, consiste à faire circuler des informations sur les réseaux qui restaient stockées dans les systèmes d'informations des entreprises ou dans les albums de famille ... des familles. Maintenant, alors que l'on sait que même des célébrités peuvent être victimes, personne ne réagit alors que les vendeurs de cloud ont démontré leur incapacité à mettre en place des systèmes de protection efficaces. Les bras m'en tombent. Les entreprises confient leur patrimoine d'informations au cloud (et pas n'importe lesquelles: les fiches de paies de leurs salariés, leurs dossiers personnels...) alors que Sony et Orange ont démontré leur incapacité à protéger leur propre patrimoine.
 
Ensuite, parce que j'en ai assez de passer pour un retardataire lorsque refuse l'autorisation à une nouvelle venue dans l'un des organismes de formation pour lesquels j'officie, de diffuser des versions numériques de mes supports de formation.
 
Je ne refuse pas parce que je n'aime pas les PDF.
 
Je refuse car je ne souhaite pas que les créations intellectuelles originales soient diffusées sans contrôle et sans rémunération.
 
Aujourd'hui, encore, je me suis vu asséné la réponse suivante à par un organisme qui souhaite diffuser sans contrôle, sans contrat et sans limité mes formations au format PDF. "Concernant les supports papiers, il est vrai qu'en 2002 c'était plus approprié, mais nous aimerions aujourd'hui passer à du PDF."

Je trouve cela un peu osé de la part d'une jeune femme de 30 ans qui ne me connaissait pas et qui a fait un début de carrière dans l'audiovisuel et qui débuté sur internet il y a seulement 3 ans.

D'autant que la volonté de passer au support numérique s'inscrit dans une logique de réduction des coûts (d'impression des supports) qui est préjudiciable aux stagiaires eux-mêmes. Je relie cela à un concept que je nomme "numérisme" ou l'extrémiste numérique. Le numérisme correspond à faire du numérique une fin en soi, un outil intrinsèquement supérieur et même parfois une philosophie.

Les numéristes pensent que ceux qui refusent de tout numérisés sont des attardés, vouent un culte à la nouveauté, pensent que le numérique doit tout remplacer

Les numéristes ignorent que les supports de stockage numérique ont une durée de vie 10 fois inférieures à leurs équivalents analogiques ou papier.

Ils ignorent que 90% des start-up à la mode aujourd'hui, annonçant révolution et disruption et tenant conférence dans meet-ups, espace de coworking et autres accélérateurs, auront disparu dans moins de 5 ans, parce que les bonnes idées sont rares et les business models digitaux très fragiles.

Les numéristes pensent que diffuser des informations au format numérique est écologique, parce qu'ils ignorent que les data centers qui gèrent les clouds consommeront bientôt 10% de l'électricité mondiale, majoritairement produite par des centrales rejetant massivement du gaz carbonique ou des déchets radioactifs.

Les numéristes ignorent que les véritables visionnaires du numérique notent leur idée notes sur des carnets de papier parce qu'une aucune tablette ou smartphone et aucun logiciel de mindmapping n'est aussi souple, ergonomique et discret qu'un bon vieux carnet papier.

Si l'on revient au sujet de formation, bien que j'ai a conviction que la révolution de l'auto apprentissage par le numérique a déjà commencé, je pense que c'est une erreur de remplacer les supports papiers des formations en présentiel, par des supports sur clé USB. Les participants au format "live" ne sont pas ceux qui sont murs pour la formation digitale: ils ont besoin d'avoir un échange de proximité avec un "expert" et sont habitués pour 90% d'entre eux à prendre des notes avec un stylo sur du papier pour garder une trace de ce que dit le formateur qui n'est pas détaillé sur les slides. Ils souhaitent aussi pouvoir noter des idées qui leur viennent durant la formation et qu'ils pourront exploiter et développer une fois rentrés dans leur entreprise. Actuellement, aucun "device" et aucun logiciel ne permettent de le faire, de façon aussi efficace qu'un support papier.

En outre, dans le cadre d'une formation technique, complexe et au rythme intense comme la mienne, les check lists, spécifications techniques, process décrits sur le support papier permettent d’espérer que les participants retiennent 25% à 30% du contenu de la formation, là ou le taux d'assimilation ne dépassent pas 10% à 15% lorsque l'on fournit une simple clé USB.

La partie des stagiaires qui souhaite disposer EN PLUS d'une version digitale, ne l'utilisera pas pour rejouer la formation seul devant son ordinateur mais pour la diffuser en interne au sein de leur entreprise, sans autorisation ou pour s'en servir pour animer une formation interne. 

J'espère que ce petit développement amènera les numéristes en herbe à remettre en question un peu les dogmes de leur culte en intégrant les dangers de la diffusion numérique et en n'en surestimant pas les effets.

Tiens d'ailleurs, chers numéristes, lorsque vous serez contrôlé par le fisc qui vous demandera des justificatifs de vos revenus et de réductions que vous avez reporté dans vos déclarations des 4 dernières années et que vous ne pourrez rien retrouver parce que ni votre banque, ni les impôts eux-mêmes n'envoient

Voila la réponse d'un auteur qui va diffuser ce texte original sur l'un de ses sites parce qu'il n'a pas peur our en faire profiter le pr

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Le jeu video risque d'envahir durablement le monde du marketing et de l'éducation.

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